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"SNAKE 25" Par Rosetta West

  • Ryann
  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture


Rosetta West a longtemps été une présence fascinante et atypique dans la scène du blues rock underground, se taillant une place unique grâce à un mélange de textures psychédéliques, d’influences folk du monde et d’une profonde affinité pour le mysticisme. Leur dernier single, “Snake 25”, est une œuvre ambitieuse et soniquement expansive qui pousse leur son vers de nouveaux horizons. D’une durée de six minutes, cette chanson entraîne l’auditeur dans un voyage à travers des ambiances changeantes et une instrumentation intense, tout en tissant un récit complexe imprégné d’imagerie gnostique. Les éléments caractéristiques du groupe—voix envoûtantes, percussions audacieuses et guitares atmosphériques—sont ici pleinement mis en valeur, faisant de “Snake 25” l’une de leurs réalisations les plus captivantes à ce jour.


La chanson commence par une introduction étendue et sombre qui instaure immédiatement une ambiance méditative et inquiétante. Rosetta West démontre ici sa capacité à construire une tension par la retenue, créant un paysage sonore ambiant qui plonge l’auditeur dans une transe avant que la musique n’explose dans une frénésie rock. Les guitares de cette section d’ouverture sont baignées de réverbération, créant une texture scintillante mais menaçante, tandis que de subtiles touches de clavier ajoutent une atmosphère mystérieuse. Le chant de Joseph Demagore dans cette partie est feutré et évocateur, comme s’il murmurait des secrets tirés d’un texte ancien. Cette introduction lente et envoûtante sert de passerelle vers la section suivante, plus intense et énergique, rendant la transition d’autant plus saisissante et efficace.


Lorsque la chanson bascule dans son noyau hard rock, elle le fait avec une énergie implacable, flirtant avec le chaos de la manière la plus exaltante possible. Les guitares deviennent tranchantes et agressives, déchirant le mix avec une distorsion acérée rappelant les pionniers du proto-métal. Jason X livre une performance impressionnante à la basse, s’imbriquant parfaitement avec le jeu explosif du batteur Nathan Q. Scratch, qui insuffle une dynamique imprévisible à l’ensemble. La batterie est particulièrement remarquable : loin de se contenter d’un simple accompagnement rythmique, Scratch traite son kit comme un véritable instrument expressif, ponctuant la chanson de roulements féroces, d’accents inattendus et d’un groove presque tribal. Cette section instrumentale met en évidence la maîtrise du groupe en matière de dynamiques, alternant entre des moments de puissance brute et de brèves pauses inquiétantes avant de replonger dans le tourbillon sonore.


“Snake 25” est l’une des compositions les plus ésotériques de Rosetta West, puisant profondément dans la philosophie gnostique pour dépeindre une transformation personnelle et une lutte spirituelle. Chantées avec une intensité déchirante par Demagore, les paroles explorent des thèmes tels que la connaissance, la tentation et l’illumination, en utilisant le serpent comme symbole central. Cette imagerie évoque à la fois le serpent biblique du jardin d’Éden et l’Ouroboros, représentation ancestrale des cycles éternels et de la découverte de soi. Des lignes comme “The coil unwinds, the knowledge burns / Truth and lies both take their turns” (“La spirale se déroule, la connaissance brûle / Vérité et mensonge se relaient”) suggèrent un combat intérieur entre sagesse et illusion, un motif récurrent tout au long de la chanson. Contrairement à de nombreuses chansons rock qui utilisent des références mystiques de manière vague ou superficielle, “Snake 25” donne véritablement l’impression d’un récit occulte, destiné à être déchiffré à travers plusieurs écoutes.



D’un point de vue production, Rosetta West trouve un équilibre entre l’énergie brute du live et une approche plus nuancée en studio. Le mixage permet à chaque instrument de respirer tout en conservant une impression d’urgence chaotique. Il y a une qualité presque vintage à la production, rappelant les albums de hard rock des années 70 où les imperfections et la rugosité contribuaient à l’authenticité de la musique. Le travail de co-production et d’ingénierie de Jason X depuis l’album Labyrinth est évident ici : chaque instrument occupe un espace distinct dans le mix, tout en s’entrechoquant magnifiquement lors des moments d’intensité maximale. L’interaction entre la voix de Demagore et l’instrumentation tourbillonnante crée une expérience d’écoute immersive, faisant de “Snake 25” bien plus qu’une simple chanson, mais un véritable voyage sonore.


L’esprit farouchement indépendant de Rosetta West est un autre aspect essentiel de cette sortie. Le groupe a toujours suivi une trajectoire non conventionnelle en matière de distribution, choisissant de rester maître de sa musique plutôt que de se plier aux normes de l’industrie. Cet engagement envers la liberté artistique se reflète dans l’authenticité brute de “Snake 25”, qui semble dépourvue de tout filtre ou compromis. La volonté du groupe de prendre son temps, d’explorer différentes textures et de défier l’auditeur avec des thèmes lyriques denses témoigne de leur confiance en leur vision. Alors que le rock grand public privilégie souvent l’accessibilité et les refrains accrocheurs, Rosetta West reste fidèle à la création d’une musique aussi intellectuellement stimulante que soniquement captivante.



“Snake 25” s’impose comme une déclaration de force de la part d’un groupe qui refuse d’être catégorisé. C’est une chanson qui récompense l’écoute attentive, révélant de nouveaux détails et de nouvelles interprétations à chaque passage. L’équilibre entre l’introduction inquiétante et les sections rock explosives maintient une énergie dynamique, tandis que la profondeur des paroles ajoute plusieurs niveaux de signification à décrypter. Pour les fans de longue date de Rosetta West, ce morceau illustre une fois de plus leur capacité à repousser les limites et à faire évoluer leur son. Pour les nouveaux auditeurs, il constitue une porte d’entrée intense et envoûtante dans l’univers d’un groupe qui prospère dans le mystère, la puissance et une quête insatiable de l’inconnu. Si “Snake 25” est un avant-goût de ce qui attend Rosetta West à l’avenir, on peut s’attendre à un voyage aussi énigmatique qu’électrisant.



Ècrit par Ryann

 
 
 

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